Chopin au
milieu de ceux qui l'ont inspiré ou éveillé, comme Bach, Mozart, Field ou Hummel,
et de ceux que lui-même a nourris durablement, comme Scriabine, Fauré, Granados
ou Mompou.
Le concert d'inauguration d'Alain PLANÈS (23 juin), ouvert avec le Rondo
en la mineur de Mozart, de saveur si romantique, mettait ensuite en relation
Chopin (Mazurkas op. 41 et Barcarolle) et Debussy (six Préludes,
cinq Études et la Suite bergamasque).
Sous les doigts de Pierre-Laurent AIMARD (26 juin), Chopin s'est affronté
aux modernes. Diverses Études du romantique ont abouti au dernier Scriabine
(Études op. 65) comme à Bartók (Études op. 18) ou à Ligeti (Études
9, 11 et 13), cependant que l'univers des Nocturnes (op. 37 n° 2 et
op. 55 n° 1) a trouvé des échos chez Bartók à nouveau (Barcarolle et Musiques
nocturnes de la suite En plein air) et chez Messiaen (L'Alouette
Lulu).
Le premier Scriabine, plus proche encore de Chopin, occupait le programme de DANG
THAI SON (28 juin) : des Impromptus et des Mazurkas du Russe,
alternant avec des Mazurkas de son aîné polonais, dont on a entendu également
le Nocturne en ut dièse mineur (op. 27 n° 1), le 3e Scherzo et la
Polonaise « héroïque ».
Chopin entremêlé de Fauré pour David ABRAMOVITZ (29 juin). De Chopin :
les Études op. 25 n° 1 et 2, les Nocturnes op. 15 n° 2 et op. 48 n°
1, et deux Mazurkas. De son disciple français : les Nocturnes
3, 4 et 6, les Barcarolles 1 et 6, les Impromptus 2 et 3.
Tout un salon romantique pour Huseyin SERMET (1er juillet), puisque au
1er Scherzo et à la 1re Ballade de Chopin répondaient des œuvres
de ses amis : les Fantaisies op. 41 d'Alkan, les Papillons
de Schumann et les Caprices op. 16 de Mendelssohn.
Pascal DEVOYON (3 juillet) est allé aux sources immédiates de Chopin :
Field, dont il a joué quatre Nocturnes, et Hummel, dont il a fait entendre
deux Études et la Sonate en fa dièse mineur. De Chopin lui-même
: deux Nocturnes et la Sonate en si bémol mineur.
En remontant plus haut encore, François KERDONCUFF (5 juillet), se souvenant
que les Préludes de Bach ont servi de modèles à ceux de Chopin, a savamment tressé
à l'intégrale des Préludes op. 28 un choix de neuf Préludes du Clavier
bien tempéré.
Chopin et Szymanowski, c'est la Pologne recommencée, que défendait Alain JACQUON
(6 juillet). Chopin, dans ses Mazurkas op. 7 ou son Rondeau à la mazur,
chante, comme dirait Cocteau, « dans son arbre généalogique ».
Passé le romantisme avoué des Préludes op. 1 et des Études op. 4,
qui n'en sont pas moins le reflet d'un certain Chopin, Szymanowski le rejoint
avec ses Quatre Danses polonaises, fidèles à la voix du terroir.
Leslie HOWARD (8 juillet), en spécialiste de Liszt, ne pouvait manquer
d'endosser ce programme où son auteur favori prouve qu'il peut se passer de titres
et adopter les genres chers à Chopin. Les Mazurkas op. 59, les Polonaises
op. 26, la 3e Ballade de celui-ci ne sont sans doute pas étrangères
à l'inspiration de la Mazurka brillante, des deux Polonaises et
des deux Ballades de celui-là. Les Six Chants polonais de Chopin
transcrits pour piano par Liszt complètent à merveille ce programme ambitieux.
Un programme espagnol pour Jean-François HEISSER (10 juillet) : les
Paysages de Mompou et les Goyescas de Granados se situent fort bien
dans la descendance de Chopin, dont il a joué le Nocturne en mi majeur,
le 3e Impromptu et la Polonaise-Fantaisie.
Du côté des Russes, avec Marco RAPETTI (12 juillet) : entre autres
le 2e Scherzo de Chopin reflété par le Scherzo op. 8 d'Arenski,
sa Berceuse par la Berceuse op. 72 n° 15 de Tchaïkovski, sa Valse
op. 42 par la Grande Valse de concert de Glazounov, cependant que les
Variations sur un thème polonais de Liadov résumaient à leur manière tous
les genres chopiniens.
Enfin, avec Georges PLUDERMACHER (14 juillet), une confrontation entre
Chopin et Rachmaninov : de celui-ci, les Moments musicaux op. 16,
et de celui-là la Polonaise op. 44 et la 3e Sonate.
Hors thème, le concert de François-Frédéric GUY (13 juillet), qui, entre
Chopin (Fantaisie en fa mineur et 4e Ballade) et Prokofiev (8e Sonate),
créa la pièce commandée par la Société Chopin à Éric Tanguy.