Un choix
parmi les innombrables hommages que Chopin reçut soit de son vivant (le plus célèbre
étant le Chopin du Carnaval de Schumann), soit au lendemain de sa
mort, soit encore à l'occasion du centenaire de 1949.
Le concert d'inauguration, confié à Cyprien KATSARIS (20 juin), a permis
d'entendre une œuvre inconnue de Schumann, de publication récente, les Variations
sur le Nocturne en sol mineur de Chopin. De Chopin lui-même, ce Nocturne
(op. 15 n° 3) et la 3e Sonate ; les Scènes d'enfants de Schumann
et un choix de Pièces lyriques de Grieg.
Billy EIDI, Marianne PIKETTY et Xavier GAGNEPAIN (25 juin), qui ont joué
le Trio en mi majeur de Mozart et le Trio op. 8 de Chopin, se sont
séparés pour les « hommages » : la Sonate pour violon
et piano de Liszt, écrite sur une mazurka de Chopin, l'Étude-Caprice pour
un tombeau de Chopin de Jacques Ibert (violoncelle solo), et les Préludes
pour piano de Narcis Bonet, en création, commande de la Société Chopin.
Laure FAVRE-KAHN (27 juin), entre les Variations Abegg et les Papillons
de Schumann, et la 3e Ballade, le 1er Scherzo et la Polonaise
brillante de Chopin, avait placé trois petits « hommages » :
le Chopin de Vincent d'Indy (extrait de Pour les enfants de tout âge),
le Chopin de Schumann (extrait du Carnaval) et l'Étude « Hommage
à Chopin » de Grieg (extraite des Stemninger op. 73).
Andrei VIERU (28 juin) a commencé et terminé avec Bach : le Prélude
et Fugue en mi bémol mineur du Premier Clavier bien tempéré et la 3e
Partita. Au milieu, de Chopin : les Nocturnes op. 62, les Mazurkas
op. 17, le Prélude op. 45, ainsi que le 7e Prélude, suivi, en
guise d'hommage, des deux pièces que ce Prélude a inspirées à Casella (l'une dans
les Contrastes, l'autre dans les Six Études).
À Eric HEIDSIECK (30 juin) qui, outre Brahms (Variations op. 21 n° 1),
Schumann (Kreisleriana) et Fauré (9e et 11e Nocturnes), devait jouer
Chopin (les Nocturnes op. 27 et la Polonaise héroïque), est revenu
le Nocturne automnal en souvenir de Chopin d'Ernesto Halffter.
Deux hommages contrastés au programme de Marie-Catherine GIROD (2 juillet) :
La Fontaine de Chopin de Séverac et l'Impromptu d'après deux Préludes
de Chopin de Balakirev. Le corps du programme comprenait Chopin (les Variations
op. 12, les Nouvelles Études et les quatre Impromptus) et Granados
(les Scènes romantiques, qui sont à leur manière un autre hommage à Chopin).
François CHAPLIN (4 juillet) était l'interprète du Nocturne en mi mineur,
des Mazurkas op. 33 et de la Polonaise-Fantaisie de Chopin, des
Trois Morceaux op. 11 de Liadov, des Estampes et de L'Isle joyeuse
de Debussy. Comme hommage : trois Mazurkas de Tansman.
Stephen Heller, le plus méconnu des grands Romantiques, a célébré plus d'une fois,
en musique, les louanges de son ami. Roustem SAITKOULOV (5 juillet) a retenu
quatre de ses Études préparatoires aux œuvres de Chopin. Le programme comportait
la Fantaisie K. 396 de Mozart, le 4e Scherzo et six Études de
l'opus 25 de Chopin, ainsi que les Études de Prokofiev.
On retrouve Prokofiev (Pièces op. 4 et 5e Sonate) et Chopin (Études
op. 10) dans le concert de Frédéric CHIU (7 juillet), entourant Beethoven
(la Sonate op. 54 et la rare Polonaise op. 89), avec un hommage
à Chopin de Carlos Chávez (l'Étude n° 2).
Bruno RIGUTTO (9 juillet) a joué les Variations sur un thème de Chopin
de Federico Mompou. De Chopin lui-même, la Valse op. 18, le Nocturne
op. 9 n° 3, la Fantaisie en fa mineur, le 2e Scherzo et la Barcarolle ;
trois Préludes de Debussy complétaient le programme.
Dans le concert de Mathieu PAPADIAMANDIS (11 juillet), le Nocturne et
Ballade de Villa-Lobos (hommage commandé par l'Unesco en 1949) donnait la
réplique aux Nocturnes op. 48 et à la 4e Ballade de Chopin ; en
seconde partie, la Sonate de Liszt.
Au programme de Marietta PETKOVA (12 juillet), huit Études-Tableaux
de Rachmaninov ; et de Chopin, la 2e Ballade, les Valses op.
34 et les Mazurkas op. 30 ; ce dernier genre ayant son écho dans
les Trois Mazurkas op. 32 qui représentent l'hommage de Lennox Berkeley.
Un copieux programme, celui de Jean-Efflam BAVOUZET (13 juillet) :
les Valses nobles et sentimentales et la Sonatine de Ravel, le fort
peu joué Grand Solo de concert de Liszt, deux Études d'Ohana ;
de Chopin, la Polonaise op. 26 n° 2, les Nocturnes op. 55, la Tarentelle,
et surtout la Berceuse, avec son reflet déformé dans une Étude de
Reger (extraite de l'op. 143).
Enfin, pour la clôture (14 juillet), le pianiste polonais Wieslaw SZLACHTA
est demeuré résolument en Pologne, avec d'une part le Chopin de la Polonaise
op. 26 n° 1, des Mazurkas op. 50 et de la 1re Ballade, et d'autre
part les Préludes op. 1 et les Variations op. 3 de Szymanowski ;
une parenthèse toutefois : des extraits de la Chaîne de valses de
Joaquín Nin, où figure un émouvant « Message à Chopin ».